MES ENFANTS

Je pourrais pleurer toute ma vie quand je pense à eux, la lie de nos sociétés, notre côté pile quand nous ne regardons que notre face. Nous sommes eux, ils ne le savent pas mais ils ont besoin de nous aujourd’hui pour survivre. Quelle place leur reste-t-il ? Que leur laisse-t-on ? Le monde sauvage.

Mon enfance aura été bercée de ces poils, de ces plumes, de ces antennes, de ces hennissements, mes souris, mes hamsters, mes chiens, mes sauterelles, mes guppy, mes oiseaux, mes chevaux et puis bien avant encore, les livres de mon enfance, bercée par toutes ces histoires de lions, pingouins, éléphants, ours, dauphins, écureuils, canards, souris, papillons et j’en passe ils m’ont éduquée, appris à regarder, comparer, analyser, éduquer, caresser, pleurer, courir, patienter, tout, ils m’ont tout appris de ce qui est de l’ordre de la relation.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui je peux écouter des heures les humains, éduquer mes enfants, et dieu sait qu’il y en a, applaudir à leurs progrès, sourire à leurs bêtises, comprendre leurs difficultés, anticiper leurs besoins, ce sont les animaux qui me l’ont appris. Je leur dois tout ils sont mon côté pile, je suis leur face, nous ne formons qu’un.

Alors je voudrais que mon art les revendique, que mon art les ambassade, que mon art les protège, mais je ne suis rien et eux non plus nous sommes les invisibles et je suis triste.

Pétronille Remaury artiste peintre plasticienne Essonne
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