14 JUILLET 2025
À CHEVAL GENDARME
À cheval gendarme
Il y avait, dans les matins de Nîmes en 39,
le claquement des sabots sur la pierre,
le cuir qui prend son souffle,
et mon grand-père,
jeune, trop jeune pour la guerre,
mais assez grand pour enfourcher un espoir.
Son calot ne pesait pas plus lourd qu’un chapeau d’enfant,
et sous lui, son cheval y allait,
comme on avance dans une chanson,
« À cheval, gendarme… »
un refrain qui trottait dans sa tête
et y vissait son courage.
Bien des années plus tard,
j’ai retrouvé ce même souffle,
d’abord sur les genoux de mon grand-père :
« À cheval gendarme, À pied Bourguignon… »,
puis dans le frisson chaud sous mes mains,
dans ce silence suspendu
où mon cheval et moi
n’étions qu’une double suspension.
Puis ma fille est venue,
d’abord sur les genoux de mon père,
« À cheval gendarme »,
puis avec ses rires d’enfant au manège,
avec ses poneys ronds comme des ballons,
et ses galops maladroits,
qui soulevaient la poussière en étoiles.
Et je savais,
elle aussi tenait l’invisible fil.
Trois selles,
un seul vent dans la crinière du temps.
Et toujours,
au loin,
comme un écho qui ne meurt jamais :
« À cheval, gendarme… »
Pétronille
Format 50 x 60 cm
- Acrylique
- Art qui utilise le recyclage :
- Sur toile cicatrisée